Ce que j'aime ici, à Moscou, c'est que je me sens en sécurité partout. Je veux dire que la ville est entièrement visitable. Elle vous est ouverte à pied, comme pour moi qui l'a beaucoup marchée, mais
aussi en métro, ou autrement. À Paris, entre Charles de Gaulle et Orly, ou dans les quartiers, je n'ai jamais eu ce sentiment d'être aussi en sécurité. Si vous avez acquis un préjugé défavorable à force de lire notre presse étroite d'esprit et Radio-Canada, si vous vous croyez informé, je vous empresse de revoir vos conclusions. Vous avez l'internet illimité ?*-*-*-*
Ce matin je suis parti pour la gare Vostochnyy en vue de prendre le train pour Vladimir. Je voulais voir du pays en dehors de la ville, ça m'intrigait de voir les alentours. Environ 2h de train, je crois, et je comptais coucher là. J'avais vu la météo le veille mais en mettant le nez dehors j'ai été frappé par le vent et pas chaud...
Avec les indications de Google Map où la flèche ne semble indiquer la bonne direction qu'une fois sur deux, je finis par faire en quatre km ce que j'aurais du faire en deux. Il doit y avoir un problème de pitonnage ou de manipulation de l'app !
J'avais commencé le trajet en métro, mais là je m'étais fait tromper par l'IA. En fait, je pense. Il faut se méfier de l'IA. Je la trouve plus utile comme partenaire de discussion sur des questions sérieuses, c'est là qu'elle joue un rôle d'assistance à la réflexion. Pas du premier coup, mais à force de re-formuler et de mettre en doute ses réponses ça stimule les méninges.
Bref, avec tout ça j'ai pris beaucoup plus de temps que prévu pour me rendre à destination. Comble de déveine mon téléphone est mort en cours de route et j'ai probablement fini par me taper un bon cinq à six km contre le vent, peut-être davantage. Pas de téléphone = pas de traduction. Pas de traduction, je sais même pas dire pour sûr Vladimir en russe, d'où ma difficulté d'obtenir des renseignements me permettant d'acheter un billet pour Vladimir. Je n'étais pas tombé sur les interlocuteurs les plus sympathiques, ça arrive. Je m'assois sur un banc où je venais de pointer une borne de recharge. Je branche mais y a pas de jus. Je cherche le fil derrière le banc, il n'est pas branché dans la prise. Je le branche, pas mieux. Finalement je me lève et commande un shawarma.
Comme je paie mon lunch c'est Alexandre qui me texte (puissance résiduelle gagnée avec le réchauffement dans la gare sans doute), celui avec qui on avait envisagé le voyage organisé du départ, le voyage à deux couples. Il sait que je le connais depuis longtemps, j'ai eu l'occasion de le suivre sur internet depuis plus d'une décennie avec ses topo sur la Russie. On se donne rendez-vous à une bouche de métro, Taganskaya sur la ligne mauve, me dit-il. Comme de raison, comme pour vous, à moi non plus ça ne dit rien. Me voilà reparti en sens inverse. Mais en métro faut surtout pas s'en faire. Ça va partout et une fois qu'on comprend que ça marche par la couleur des lignes (et par numéro associé pour les daltoniens) on a tout compris. En fait, depuis 1935 que ça roule, ils ont appris à faire une signalisation à la fois intuitive et efficace. Même un touriste sujet à la distraction comme je le suis y arrive. C'est dire.
Tant pis pour Vladimir, j'ai vu Alexandre. Il a pris un thé moi un café. Il revient tout juste de Omsk, en Sibérie méridionale. On a jasé de plein de choses, de la ville historique qui est maintenant en pleine expansion, de la Sibérie qui se développe grâce des villes pivots, du Canada français et des perditions dans la neige. Ça été sympa. Sérieusement, j'ai bien profité de sa connaissance de la Russie.
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